L'actualité de Première Ligue

Arsène Wenger : « Le football français va revenir dans la course »

Après avoir reçu le trophée de meilleur représentant français à l’étranger des mains de David Dein et de Gérard Houllier, le manager d’Arsenal a tenu à encourager tous ceux qui, en France, veulent réformer notre football.
« Les entraîneurs français ont la chance d’être très bien préparés, grâce aux formations dispensées par la FFF. J’ai une pensée toute particulière pour Georges Boulogne qui a été à l’origine de cette politique fédérale. J’ai un regret : dommage qu’ils ne s’exportent pas assez, mais c’est aussi parce qu’ils se sentent bien en France. Je sens que le football français se révolte, qu’il dispose en ce moment de moins de ressources que les autres grands pays de football, mais il se trouve dans une phase cyclique. J’ai bon espoir qu’il revienne dans la course. Il en a les possibilités. »

Le monde du football honoré

Lors d’une cérémonie organisée en clôture de la première journée de la Convention du football professionnel, à laquelle Canal+ était associée, Première Ligue a remis quinze trophées. Outre les récompenses visant les clubs français qui se sont illustrés en 2015-2016, il a souhaité honoré trois personnalités du monde du football : Christian Seifert, directeur général de la DFL (trophée d’honneur), Jean-Claude Darmon (Personnalité historique du football français) et Arsène Wenger (Meilleur représentant français à l’étranger).

Le palmarès complet
Champion de France de Ligue 1 : Paris Saint-Germain
Champion de France de Ligue 2 : AS Nancy-Lorraine
Qualifiés européens : Olympique Lyonnais, AS Monaco, OGC Nice, LOSC Lille, AS Saint-Étienne
Meilleur match : Angers SCO – Toulouse FC (2-3, 38e journée de Ligue 1), le Toulouse FC assure son maintien
Meilleure pelouse de Ligue 1 : Paris Saint-Germain
Meilleure tribune de Ligue 1 : Olympique Lyonnais
Meilleur club formateur : Olympique Lyonnais
Meilleure innovation : Goal Line Technology
Meilleur représentant français à l’étranger : Arsène Wenger (manager d’Arsenal FC, Premier League)
Personnalité historique du football français : Jean-Claude Darmon
Trophée d’Honneur : Christian Seifert (directeur général de la DFL)

Pourquoi et comment la Bundesliga s’est-elle rénovée en 2001 ?

Dans le cadre de la Convention 2016 du football professionnel, Première Ligue a souhaité donner la parole à Christian Seifert, directeur général de la DFL. Lors de sa conférence, mercredi 29 juin, le dirigeant allemand a présenté les actions menées par la Bundesliga depuis 2001, qui lui ont permis de redevenir l’un des trois plus grands championnats européens.

Voici quelques extraits de son intervention.

Christian Seiffert : « L’Allemagne s’est inspirée de la formation française »
« Le renouveau de la Bundesliga s’est enclenché après un Euro 2000 catastrophique pour l’équipe d’Allemagne, éliminée au premier tour sans remporter un match. À l’époque, tout allait bien pour le football allemand de clubs, avec trois clubs différents finalistes de la Ligue des champions entre 1997 et 2002, pour deux victoires finales. Pourtant, les dirigeants de clubs ont décidé d’agir pour lancer un cercle vertueux pour le football allemand. »
« En 1998 et 2000, la France dominait les compétitions internationales et l’Allemagne s’est beaucoup inspiré de ce qui a fait la force de la France dans le domaine de la formation. »
« En 2001, a été prise la décision d’obliger les clubs à posséder leur centre de formation. Entre 2001 et 2015, les clubs ont dépensé au total plus d’un milliard d’euros dans leurs centres de formation, dont 110 M€ en 2014-15. »
« Entre 2002-03 et 2014-15, l’âge moyen est passé de 27,1 à 25 ans et le pourcentage de joueurs allemands en Bundesliga est passé dans le même temps de 50 à 59 %. 14 joueurs de l’équipe d’Allemagne disputant l’Euro 2016 jouent en Bundesliga et l’immense majorité a été formée par des clubs de Bundesliga. »
« Quand je suis arrivé à la DFL en 2005, l’Allemagne était 5e au coefficient UEFA, talonnée par la Roumanie. Aujourd’hui, nous sommes 2e, derrière la Premier League. En 2001-02, l’affluence moyenne en Bundesliga était de 28 920 spectateurs contre 42 685 en 2014-15. C’est le taux de remplissage qui a explosé. »
« Nous venons d’obtenir plus d’un milliard d’euros de droits TV par an pour la période 2017-2021 (4,64 milliards d’euros, soit 1,16 Md€ par saison), parce que nous avons su convaincre les diffuseurs que notre produit est de qualité et que c’était utile pour eux d’acheter nos droits. »
« Nous avons placé la qualité au centre de nos réflexions et c’est pourquoi nous avons créé une entreprise de production. Les diffuseurs savent que nous soutenons toutes les innovations qui peuvent améliorer notre produit. »
« En termes de responsabilité sociale, les 500 joueurs de Bundesliga gagnent des sommes très importantes et c’est parfois compliqué à comprendre pour le grand public. En 2009, nous avons décidé de créer notre Fondation et d’agir avec le gouvernement et les joueurs dans des projets contre le racisme, pour l’intégration, en faveur des réfugiés… ◦investissement annuel : 3,5 millions d’euros. L’objectif est de rapprocher les joueurs du public. Dans nos accords avec les diffuseurs, il y a une clause qui nous permet de diffuser, lors de chaque retransmission, un spot qui met en avant les actions sociales déployées par la DFL. »
« D’ici à 2025, nous pensons que nous devons augmenter nos revenus générés à hauteur de 5,5 à 6 milliards d’euros par an pour maintenir notre position dans le Top 3 des Ligues dans le monde. »

Pourquoi la Premier League est-elle devenue le plus grand championnat du monde de clubs ?

A l’occasion de la Convention du football professionnel, Première Ligue a réuni, mardi 28 juin, David Dein, ambassadeur de la Premier League, Gérard Houllier, ancien entraîneur de Liverpool et d’Aston Villa, et Mathieu Moreuil, responsable des actions européennes de la Premier League. Ils ont évoqué les principales clés de l’évolution du Championnat d’Angleterre depuis 1992.

Voici quelques extraits de leurs interventions.

David Dein : « Personne n’a l’exclusivité du progrès »
« Dans les années 80, il y avait des bagarres sur les terrains et en dehors en Angleterre, les femmes et les enfants ne venaient pas aux stades, qui étaient d’ailleurs en mauvais état. Nous avons décidé de créer la Premier League, pour réunir uniquement les 20 clubs de l’élite et non plus les 92 clubs professionnels anglais, afin de faciliter la prise de décision. Nous avons décidé d’offrir un spectacle attrayant, qui intéresse les diffuseurs TV et c’est notamment la télévision et les ressources qu’elle génère qui ont tiré le football anglais vers le haut »
« En 1992, l’affluence moyenne, en Angleterre, était à peine supérieure à 20 000 spectateurs. En 2015-16, elle a été de 36 481 spectateurs, avec 96 % de taux de remplissage. De nombreux clubs vont agrandir leur stade. Nous espérons donc dépasser ce chiffre la saison prochaine. »
« Parmi la population qui se rend dans nos stades, 25 % des spectateurs sont des femmes et 12 % des abonnés ont moins de 16 ans. »
« Dès 1992, nous mis en œuvre un système de répartition des revenus TV démocratique. Le club qui finit dernier reçoit 65 % des sommes perçues par le premier. Que tout le monde puisse battre tout le monde est un élément clé de la Premier League. »
« Le championnat anglais a enregistré 1,2 milliard de téléspectateurs cumulés en 2014-15, dont 454 millions en Europe et 346 millions en Asie et en Océanie. C’est de loin le championnat le plus regardé à l’étranger. »
« Personne n’a l’exclusivité du progrès. Mais les conseils que je peux donner aux clubs français sont les suivants : les clubs professionnels doivent avoir une vision, savoir ce qu’ils veulent, avoir une bonne gouvernance, réfléchir sur la façon d’augmenter leurs ressources et faire preuve de courage. »

Gérard Houllier : « La notion de spectacle est essentielle »
« Un exemple pour prouver la capacité des Anglais à agir vite : quand je suis arrivé à Liverpool en 1998, les terrains – particulièrement ceux d’entraînement – étaient catastrophiques. Aujourd’hui, ils font référence. Dès que les Anglais ont compris qu’une chose est importante, ils s’y mettent à fond. »
« Il faut que le football soit spectaculaire, que le spectateur ne s’ennuie pas. Cette notion de spectacle qui est essentielle et qui est très présente en Angleterre, passe par un discours tenu aux entraîneurs en début de saison. Réunissons les 20 entraîneurs de Ligue 1 avec quatre ou cinq présidents. C’est ce qu’Arrigo Sacchi avait fait en Italie, à la demande de Silvio Berlusconi. »

Mathieu Moreuil : « Rendre le football plus attractif possible »
« Dans les années 1980, le football anglais avait bien plus de soucis que le foot français n’en a en ce moment. La structuration de la Premier League est différente de celle de la Ligue française : les clubs sont des actionnaires, mais le travail au jour le jour est fait par la Ligue, qui est autonome pour mettre en place les grandes idées édictées par les clubs. Pour toute décision importante, il faut une décision avec une majorité de 14 clubs sur 20, donc tout le monde doit travailler dans l’intérêt commun. »
« Richard Scudamore, président exécutif de la Premier League, dit souvent “ Tout commence et finit par le terrain ”. C’est un point essentiel : le football est un spectacle et il faut le rendre le plus attractif possible. »
« Le taux de remplissage de 96 % a aussi une origine : moins de la moitié des matches sont diffusés en Angleterre pour favoriser l’affluence au stade, et une limitation des tarifs pour les fans à l’extérieur a été adoptée. »

Un premier rendez-vous très réussi

Première Ligue a organisé, les 28 et 29 juin à Cannes, en partenariat avec la Ligue du Football Professionnel, la Convention 2016 du football professionnel français, un événement inédit appelé à s’inscrire durablement dans le calendrier national. Pour ce premier grand rendez-vous, Bernard Caïazzo, président de Première Ligue, avait invité l’Anglais David Dein, ambassadeur de la Premier League, et l’Allemand Christian Seifert, directeur général de la Ligue allemande, afin qu’ils apportent une information complète, détaillée, vivante aux dirigeants du football français sur deux grands championnats : la Premier League et la Bundesliga.

Il y a une prise de conscience des participants à la Convention vis-à-vis de ceux qui sont meilleurs que nous. Il était bon, par exemple, de voir où en étaient les Allemands il y a 10 ou 15 ans, où ils en sont aujourd’hui, et où ils veulent arriver en 2025. Je trouve impressionnant que la Bundesliga ait un plan sur les dix prochaines années. Je crois que nous ne devons pas copier, mais nous inspirer des modèles allemands et anglais. Ils donnent des pistes de travail et d’amélioration. Il faut améliorer, en particulier, l’attractivité de notre produit, en agissant dans cinq domaines : les pelouses, le jeu, les tribunes, l’arbitrage et la réalisation audiovisuelle.

Didier Quillot

LFP

Au total, ce sont plus de 200 personnalités concernées par l’avenir de notre football que Première Ligue a rassemblé pendant deux jours, entre les huitièmes et les quarts de finale de l’Euro 2016 : Noël Le Graët, Jean-Pierre Denis, Didier Quillot, Jean-Michel Aulas, Vadim Vasilyev, Jean-Claude Blanc, Olivier Sadran, Saïd Chabane, Loïc Ferry, Waldemar Kita, René Ruello, Jean-Pierre Rivère, Guy Cotret, Jacques Rousselot, Philippe Piat, Pierre Repellini, Gérard Houllier, Arsène Wenger, Jean-Claude Darmon, Christophe Galtier, Bernard Lacombe, José Cobos, José Touré, Yannick Stopyra, Ulrich Ramé, Dominique Rocheteau, Basile Boli, Alain Roche, Jérôme Alonzo, Nathalie Boy de la Tour, Sophie Dion et tant d’autres, qu’il serait vain de vouloir toutes citer.

La Convention a été le symbole d’une union retrouvée, mais elle a permis aussi une projection sur l’avenir. Pour construire l’avenir avec une vision prospective, nous devons nous affranchir du passé. On voit bien aujourd’hui que toutes les activités sont bouleversées et c’est vrai aussi dans le football. Si on ne construit pas différemment, il y aura une distorsion de concurrence avec nos voisins. Pour aboutir à ces réflexions, il était nécessaire de sortir du schéma précédent, de quitter l’UCPF et de créer le syndicat Première Ligue…

Jean-Michel Aulas

OL

Dans son discours d’ouverture de la Convention, Bernard Caïazzo a pris à témoin l’assistance, en dressant un constat lucide sur l’état actuel du football professionnel : « Il est rapide à énoncer. La France est dernière au classement des droits TV par rapport à ses voisins qui génèrent des revenus au moins deux fois supérieurs. Mais, phénomène aggravant, la France est la première au classement des charges à payer à l’État. Je ne prends qu’un exemple : des clubs comme le LOSC Lille ou l’AS Saint-Étienne paient plus de charges patronales que tous les clubs de Bundesliga réunis ! L’Olympique Lyonnais ou l’Olympique de Marseille, s’acquittent d’autant de charges patronales que l’ensemble des clubs espagnols et allemands ! Deux clubs de Ligue 1 au même niveau que les 38 clubs de Liga et de Bundesliga… »

Pour construire un modèle qui fonctionne, il faut de l’ambition, il ne faut pas hésiter à remettre en cause les modèles existants comme Première Ligue l’a fait avec la création du syndicat des clubs de Ligue 1. Nous avons redéfini, au cours des dernier mois, le système de gouvernance, c’était un premier pas. Il reste beaucoup à faire pour remplir les stades, offrir des qualités d’accueil optimales, avoir des pelouses de grande qualité… Il y a donc beaucoup de chantiers sur lesquels travailler, mais je crois qu’on retrouve beaucoup d’ambition et d’envie lors de cette Convention avec tous les présidents de clubs qui ont compris qu’il était temps de modifier le système existant.

Jean-Claude Blanc

PSG

C’est donc à un examen approfondi de la situation française, au regard du mode d’organisation et de fonctionnement de nos voisins anglais et allemands, auquel le président de Première Ligue a invité l’ensemble des participants.
En clôture des deux jours de travaux, qui ont permis de rassembler toutes les familles du football français, Bernard Caïazzo leur a assuré que le combat pour sa modernisation ne faisait que commencer et que d’autres rendez-vous les attendaient dans les prochaines semaines.

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