Convention

Conférence investisseurs

Par premiereligue | 09 janvier 2018
Convention du Football Professionnel 2017

Investisseurs étrangers : quelles opportunités pour le football français ?

La conférence intitulée « Investisseurs étrangers : quelles opportunités pour le football français ? » a permis de réunir Franck McCourt (propriétaire de l’Olympique de Marseille), Didier Quillot (directeur général exécutif de la LFP), Jean-Michel Aulas (président de l’Olympique Lyonnais), Xing HU (directeur général de Beijing OL FC Ltd) et François de Breteuil (associé gérant de Rothschild Global Advisory). Extraits.

Franck McCourt : « C’est au sein des GAFA que se trouvera la créativité… »

« Si on achète un club pour gagner de l’argent tout de suite, alors on le fait pour une mauvaise raison. Le sport, c’est d’abord la passion et donner le maximum pour gagner. Les bons clubs, ceux qui connaissent le succès, sont ceux qui développent leur image avec patience.
La valeur des droits est le facteur clé du développement du sport. La Premier League a adapté les codes et les formats américains et ensuite obtenu une croissance rapide de ses revenus. Il faut aller au-delà des médias traditionnels. C’est au sein des GAFA que se trouvera la créativité à l’avenir. Les grands clubs doivent être des locomotives de cela, grâce à leur histoire et leurs fans.
Si on veut être au sommet de la pyramide en Europe, on ne doit pas vendre ses meilleurs joueurs. Il faut sortir du schéma type qui fait passer le club d’une situation de déficit à une situation d'équilibre, simplement du fait de la cession de ses meilleurs joueurs. C’est un modèle que je ne comprends pas. »

Jean-Michel Aulas : « Le football a la capacité à générer une croissance forte »

« La logique macro-économique des investisseurs dans les grands clubs est inéluctable. Historiquement, le football, en raison du déficit de ses clubs, est un secteur à éviter pour les investisseurs.
Aujourd’hui, très peu de secteurs ont cette capacité à générer une croissance aussi forte. Cela fait 25 ans que cela dure. Le football est un secteur qui bénéficie de nombreux leviers pour augmenter les revenus autour du stade, du marketing et de la marque.
Il faut une structure économique d’entreprise mâture pour attirer les investisseurs et ainsi se situer dans la compétition avec les grands clubs européens. Il fallait des investisseurs puissants aux côtés de l’Olympique Lyonnais, disposant d’une stratégie à l’international. Notre joint-venture avec le groupe IDG a permis de créer une société en Chine dans le but de développer l’image de l’Olympique Lyonnais en Asie. »
Xing Hu : « Apporter en Chine l’expertise de l’Olympique Lyonnais et de son académie »
« Notre rôle est de développer la marque Olympique Lyonnais sur le marché chinois, pas de gérer un club. C’est pourquoi nous avons décidé de prendre une participation minoritaire au sein de l’OL.
Nous nous sommes aperçus rapidement que le savoir-faire de l’Olympique Lyonnais en matière de formation est reconnu par les clubs chinois, qu’ils soient amateurs ou professionnels. Nous avons déjà signé deux contrats en ce sens avec des clubs dans le but d’apporter l’expertise de l’Olympique Lyonnais et de son académie qui a une excellente image.
Le grand public en Chine ne connait ni la Ligue 1, ni l’Olympique Lyonnais. La Ligue 1 ne représente que 2 % des recherches internet sur le football européen sur Baidu (réseau social le plus populaire en Chine). Le championnat de France n’est pas assez diffusé en Chine pour intéresser les Chinois et donc les sponsors. »

François de Breteuil : « Proposer un projet pour le marché domestique de l’investisseur »

« La Chine est le pays qui a le plus animé le marché du football européen ces dernières années, ce qui est nouveau.
L’investisseur étranger recherche l’exposition globale qu’apporte le football, la possibilité d’importer un savoir-faire pour se développer sur son marché domestique, et le retour sur investissement.
Il y a dix ans, l’ambition n'était pas de gagner de l’argent, mais les clubs, suite à la mise en place du fair-play financier, sont devenus plus raisonnables. En Premier League, sur les cinq dernières années, 30 % de la croissance des droits TV est allé dans les salaires des joueurs, contre presque 100 % auparavant.
Les fonds d’investissement sont une catégorie peu représentée par rapport à ce qui se passe dans l'économie en général, car les fonds souhaitent une rentabilité rapide. La discipline économique des clubs devrait changer cela et il faut envisager de les voir s’intéresser aux clubs de football, comme c’est déjà le cas par exemple au Hertha Berlin (Bundesliga).
Pour attirer un investisseur asiatique, nous conseillons aux clubs de travailler le projet sportif, mais aussi de proposer un projet détaillant ce que le club peut apporter au marché domestique de l’investisseur. »