Convention

L'exposition Kopa

27 juin 2017

L'exposition Kopa

A l’occasion de la deuxième Convention du Football Professionnel, le trophée récompensant la Personnalité historique du football français a été remis à la famille de Raymond Kopa, décédé le 3 mars 2017. Un film lui a rendu hommage, de même qu’une exposition retraçant les grandes dates de sa vie et de sa carrière, dont voici le contenu.

                                    RAYMOND KOPA
                         (13 octobre 1931-3 mars 2017)

                             LE NAPOLEON DU FOOTBALL

Il a été la première grande star de notre football, surnommé « Napoléon du football » par un journaliste anglais émerveillé, en 1955, par sa performance brillantissime contre l’Espagne.
Raymond Kopa a autant symbolisé le football français des années 50 que Michel Platini celui des années 80 ou que Zinedine Zidane celui des années 90.
Joueur inspiré et spectaculaire, ancien galibot de Noeux-les-Mines, doté d’un farouche tempérament de gagneur, il fut lui aussi admiré par toute l’Europe, que ce soit comme animateur du brillant Stade de Reims ou simple membre de la flamboyante phalange du Real Madrid. 
Petit par la taille mais immense par le talent, incorrigible et insaisissable dribbleur, capable de semer une épouvantable panique dans les défenses, il se révéla comme le meneur d’une équipe champenoise au style résolument original. Guidée par Albert Batteux qui fut pour Kopa un soutien indéfectible, elle a été la première grande équipe européenne du football français. 
Kopa poursuivit son ascension en jouant un rôle décisif dans trois campagnes européennes victorieuses du Real Madrid, au milieu d’un conglomérat de vedettes internationales. 
Surtout, il restera dans les annales comme le meilleur joueur de la Coupe du monde 1958 en Suède, en compagnie de Just Fontaine, dans un tournoi qui marqua pourtant l'émergence d'un certain Pelé.
Comme tous les champions, Raymond Kopa aura eu le mérite de dépasser ses limites naturelles : avec ses dons et son réel sens du but, il aurait pu se contenter d’être un fantastique ailier.
Il a voulu aller plus loin.
Il est devenu un joueur qui a marqué l’histoire, personnifiant la joie de jouer et d’attaquer, l’intelligence et la créativité.
Il restera, à tout jamais, dans nos mémoires.

1931
13 octobre

Naissance à Noeux-les-Mines (Pas-de-Calais), entre Lens et Béthune, de Raymond Kopaszewski, second enfant d'un couple d'immigrés polonais. Ses grands-parents paternels sont venus en France en 1919 pour extraire le charbon. Ils se sont installés avec quatre enfants, dont le père de Raymond, François, alors âgé de 13 ans. Sa mère, Hélène, est d'origine polonaise elle aussi et est issue d'une famille de mineurs depuis trois générations.

1939
Il crée sa première équipe de football, dans la rue, principalement avec des Polonais auxquels se joignent quelques camarades français et italiens. Baptisée l'équipe du Chemin-Perdu, elle se fait une solide réputation dans les corons.

1941
Sa maison à Nœux-les-Mines étant proche du stade, il s’y rend souvent et doit sa première balle en cuir aux soldats allemands qui ont réquisitionné le terrain. Un jour, il réussit à leur voler un ballon qui traîne dans les filets.  « À ma manière, j’ai presque fait un acte de résistance, non ? » dira-t-il plus tard.

1942
Il adhère à l’US Noeux-les-Mines où il saute une catégorie : de minime, il intègre l’équipe de cadets. Il joue avec son frère Henri, qui est gardien de but.

1947
Dès l’âge de 16 ans, à raison de huit heures par jour, à la fosse n°3, par 612 mètres sous terre, dans la chaleur accablante des galeries, il vit une partie de son adolescence sous le signe de la mine, en qualité de rouleur, au numéro 5 de la venelle de Noeux-les-Mines.
Octobre
Alors qu’il se penche pour se saisir de sa lampe, au fond de la mine, un bloc de pierre de trente kilos se détache de la voûte et s’écrase sur sa main gauche : il a deux phalanges de son index gauche sectionnés. Il est considéré comme un « invalide du travail ». Il occupera ensuite un poste de chaudronnier moins pénible physiquement, et en surface, grâce à l’entremise de l’ingénieur Lombart, président de l’US Nœux-les-Mines.

1948
Le club de Noeux-les-Mines remporte la coupe du Nord des cadets, au cours de laquelle Kopa marque trois buts, ce qui lui vaut d’être promu en équipe première, alors qu’il n’a pas 17 ans. L’entraîneur lui confie le poste d’avant-centre de l’équipe juniors. Il signe son premier titre en devenant champion du Nord au terme de la saison 1947-1948.

1949 
10 avril

Il est remarqué par Pierre Perchat, émissaire du Stade de Reims, lors d’un match de district, à Arras. Camille Cottin, qui dirige la préparation des footballeurs d’Angers, et qui décèle en Kopa un immense potentiel, se montre lui aussi intéressé et se manifeste auprès de ses parents.
7 mai
Encouragé par son entraîneur, Constant Tison, il participe au Concours du jeune footballeur. Il franchit avec succès les éliminatoires à Béthune puis termine premier du concours régional de Lille. A l’issue de l’ultime épreuve, organisée à Colombes en lever de rideau de la finale de la Coupe de France entre le Racing et Lille (5-2), Kopa décroche la deuxième place, perdant la première pour un penalty raté. Dans la foulée, il signe son premier contrat semi-professionnel pour Angers, qui évolue en Division 2. C’est à ce moment que Raymond Kopaszewski devient Raymond Kopa. Camille Cottin le présente en effet ainsi : « Ce ne sera plus Raymond Kopaszewski, mais Raymond Kopa ! Cela sonne bien et se retient mieux ». Il obtient 100 000 francs à la signature, une somme demandée par son père pour laisser filer son fils, et 21 000 francs par mois. Il y restera deux ans. Pour son premier match à domicile, le SCO l’emporte face à Marseille (4-0), grâce à deux buts de Kopa. 

1951
15 avril

A l’occasion d'un match amical opposant Angers à Reims, Raymond Kopa, auteur d’un but, attire l’attention d’Albert Batteux qui pousse Henri Germain, son président, à le recruter. D’autres grands clubs à la recherche de talents cachés lui font une cour assidue.
25 avril
Il effectue un essai concluant avec le Stade de Reims lors d’un match amical contre l’équipe nationale d’Espagne, au stade Chamartin, à Madrid.
28 mai
Il s’engage en faveur du Stade de Reims, qui défraie Angers à hauteur de 1 800 000 francs. Pour sa part, après un bras de fer avec le président rémois qui dure quelques jours, il perçoit une somme de 500 000 francs à la signature et un salaire mensuel de 23 000 francs.
2 septembre
Premier match de championnat disputé sous le maillot de Reims contre le RC Strasbourg (0-0). Son équipe étant composée de nombreux internationaux, il sait qu’il lui faut s’imposer rapidement pour se faire sa place. Albert Batteux l’aide à la trouver, qui l’encourage et le protège des critiques que son jeu très spécial fait parfois naître. Il lui dit, pour le motiver : « Raymond, le jour où tu ne dribbles plus, je te retire de l’équipe. » La presse locale, elle, le décrit ainsi : « L'homme est adroit, dribble court, tire juste et fort des deux pieds, possède une bonne détente, un jeu de tête correct, sait être clairvoyant et joue avec ses coéquipiers. » 
16 septembre
Il inscrit son premier but pour le compte de sa nouvelle équipe face au RC Lens (5-2).
11 novembre
Reims réalise l’exploit au Parc des Princes où le Racing est battu (5-2). Kopa marque un but pour son premier match officiel à Paris. Dans le vestiaire, Albert Batteux lui dit : « Tu viens de recevoir l’hommage de Paris. C’est la consécration. » Le lendemain, les journaux s’enflamment : « Le petit 7 ira loin… » Pas à pas, il franchit l’étape la plus difficile, celle qui sépare le bon joueur de la vedette, l’artisan de l’artiste.
26 novembre
Il est l’auteur du premier triplé de sa carrière face à l’OM (8-1).

1952 
22 mai

Au Havre, l’équipe de France Espoirs, Kopa en tête, se joue de son homologue anglais 7-1. A la fin du match, Paul Nicolas, président du Comité de sélection, lui assure qu’il a gagné sa place en équipe de France A.
5 octobre
Comme Ruminski, Gianessi, Penverne et Ujlaki, il effectue, une semaine avant de fêter son 21e anniversaire, ses grands débuts internationaux contre l'Allemagne fédérale, en amical à Colombes, lors d’une rencontre qui marque le renouveau de l'équipe de France (3-1), saluée par l’ensemble de la presse.
11 novembre
A Colombes, la France domine l’Irlande du Nord en amical (3-1). Pour sa troisième sélection, Kopa inscrit ses deux premiers buts sous le maillot tricolore. 

1953
17 mai

Le Stade de Reims est sacré champion de France, avec quatre points d’avance sur Sochaux et avec un merveilleux équilibre : meilleure attaque (86 buts) et meilleure défense (36 buts). C’est le premier titre national pour Kopa qui contribue à faire de Bram Appel (30 buts) un redoutable artificier. D’ailleurs, le petit galibot des mines devenu chef d’orchestre des terrains permettra ensuite à Bliard (30 buts en 1955), à Fontaine (28 buts en 1960), à Piantoni (28 buts en 1961) et à Abeski (23 buts en 1962) de terminer en tête du classement des buteurs du championnat. 
7 juin
En finale de la Coupe Latine, à Lisbonne, Reims s’impose facilement face au Milan AC (3-0). Kopa, qui dispute l’un des meilleurs matches de sa jeune carrière, inscrit deux buts.
28 juillet
Il se marie avec Christiane Bourrigault, qu’il a connu à Angers alors qu’elle était joueuse de basket-ball au SCO. Ensemble, ils auront deux filles, Nadine et Sophie.

1954
2 juin

A Paris, la finale de la Coupe Charles-Drago, ouverte aux clubs de Division 1 éliminés avant les quarts de finale de Coupe de France, oppose Lille et Reims. Kopa signe le sixième et dernier but de la victoire rémoise (6-3). Dès le lendemain, il rejoint Divonne-les-Bains afin de préparer sa première phase finale de Coupe du monde.
19 juin
Battue d’entrée par la Yougoslavie (0-1), l’équipe de France se rachète face au Mexique (3-2, dont un but de Kopa sur penalty). Ce but est le premier du joueur en Coupe du monde. Un succès qui s’avère toutefois insuffisant : les Tricolores sont éliminés dès le premier tour. Un flot de critiques s’abat sur eux, souvent injustes, parfois odieuses.
16 octobre
Guidée par son meneur de jeu Kopa, l’équipe de France bat les champions du monde allemands à Hanovre (1-3). Un exploit qui suscite pas mal de surprise et beaucoup de commentaires élogieux dans le football européen.
Décembre
Il commercialise sous son nom des chaussures de football. 

1955
17 mars

A Madrid, devant 125 000 spectateurs, Kopa réalise un match somptueux, réussit tout ce qu’il tente, provoque l’enthousiasme du public et mène la France à la victoire sur l'Espagne (1-2), considérée comme l’une des meilleures nations de football au monde. Les défenseurs espagnols en conviennent après coup : il existe, chez ce dribbleur, une faculté d’improvisation peu banale, ses jambes courtes et solides lui permettant d’oser les ruptures d’équilibre les plus invraisemblables. Un journaliste anglais du Daily Express, Desmond Hacket, témoin de l’événement, lui trouve son surnom, « le Napoléon du football », qui le suivra durant toute sa carrière. Sa réputation commence à traverser les frontières. Le fait qu’Albert Batteux ait pris les rênes de l'équipe de France à la suite de la démission de Jules Bigot n’est pas étranger à son épanouissement.
22 mai
Il remporte son deuxième titre de champion de France avec le Stade de Reims pour le compte duquel il marque 11 buts.
26 juin
A Paris, en finale de la Coupe latine, le Stade de Reims plie devant le Real Madrid, vainqueur grâce à un doublé de Rial (2-0).
Juillet
Une nouvelle victoire à l’actif de Kopa : celle qui permet aux Rémois de remporter le challenge des champions, à Marseille, face à Lille (7-1).
13 août
Avec Robert Jonquet et Jean Vincent, Kopa est retenu dans la sélection continentale qui, à Belfast, domine l'Angleterre (4-1).
21 septembre
Il joue son premier match de Coupe d’Europe avec Reims qui s’impose 2-0 au Danemark, face à l’Aarhus.
23 octobre
Premier URSS-France (2-2) de l’histoire et 21e sélection pour Kopa qui ouvre le score. Le coup d’envoi de cette rencontre prestigieuse a été donné par l’acteur français Gérard Philippe. A son retour de Moscou, Kopa déclare : « Nous avons montré au peuple soviétique que le sport français ne se porte pas si mal. »

1956
13 juin

Le Stade de Reims atteint la finale de la première Coupe d'Europe des clubs champions. Au Parc des Princes, bien que menant 2-0 après dix minutes de jeu, les Rémois abandonnent la victoire au Real Madrid (3-4). L’inspiration de Kopa ne résiste pas à l’expérience de Di Stefano. Kopa se fait un devoir de jouer tous les coups à fond même si des contacts sérieux sont établis depuis plusieurs jours avec les dirigeants madrilènes pour qu’il rejoigne le Real la saison suivante.
30 juin
Sous les couleurs madrilènes, il dispute un match amical contre Vasco de Gama. Magnifique, il signe deux buts et emporte l’adhésion des dirigeants du Real qui annoncent officiellement leur intention de l’engager.
1er septembre
Le président de Reims, Henri Germain, cède Kopa au Real Madrid pour un transfert retentissant de soixante millions, argent que le club champenois utilise pour recruter Roger Piantoni, Jean Vincent et Just Fontaine. Pour sa part, Kopa signe un contrat de trois ans à raison de 250 000 francs par mois, qui lui assure la fortune, la gloire et…la liberté au terme de cet engagement. Il revêt pour la première fois le célèbre maillot blanc à l'occasion du Tournoi de Barcelone. Il doit attendre que la loi Moscardo soit abrogée et que Alfredo Di Stefano soit naturalisé espagnol pour pouvoir jouer avec l'équipe première. Il évolue d’abord au poste d'ailier droit mais doit changer après une défaite contre le FC Barcelone en étant repositionné en avant-centre. L'essai est plutôt concluant mais son efficacité ne plaît pas à tout le monde. A la demande de Di Stefano, il retrouve l’aile droite.

1957
21 avril

Le Real Madrid est sacré champion d’Espagne, un titre auquel Kopa, surnommé Kopita par les supporteurs madrilènes, prend une part active.
30 mai
Face à la Fiorentina, tout en sérénité et tranquille autorité, il participe au deuxième succès du Real Madrid en finale de la Coupe d'Europe des clubs champions (2-0), obtenu au stade Chamartin. Il devient le premier joueur français à remporter le trophée.

1958
21 avril

Le Real Madrid est à nouveau sacré champion d’Espagne, devant l’Atlético Madrid et le FC Barcelone. C’est le deuxième titre pour Raymond Kopa. 
28 mai
Troisième victoire consécutive pour le Real Madrid en finale de la Coupe d’Europe des clubs champions, qui doit cependant pousser jusqu’à la prolongation pour se défaire du Milan AC (3-2), à Bruxelles. Après ce nouveau succès, Santiago Bernabeu autorise Kopa à rejoindre l'équipe de France pour disputer la Coupe du monde. « Victime » du refus du Real Madrid de le libérer et de la volonté de la FFF de retenir des joueurs évoluant dans le championnat de France, Kopa avait manqué la totalité de la phase de qualification.
Juin
Alors qu’il n’avait plus revêtu le maillot tricolore depuis le 15 février 1956 (Italie-France, 2-0, à Bologne), Kopa arrive huit jours après ses coéquipiers en Suède, qui ont pris leurs quartiers à…Kopparberg. « Un endroit qui, je pense, m’avait été réservé… », dit-il sur le ton de la plaisanterie. Dans ce petit village, les Français se préparent dans l’indifférence générale. Le premier match contre l’équipe du Paraguay donne le ton avec une victoire fleuve (7-3), un but et trois passes décisives pour Kopa. Une performance qui provoque l’engouement populaire autour de la sélection nationale entraînée par Albert Batteux, très apprécié de ses joueurs et…de Kopa lui-même ! Après un accroc face à la Yougoslavie (2-3), la France enchaîne : victoires contre l’Ecosse (2-1, un but de Kopa) et l’Irlande du Nord (4-0, trois passes décisives de Kopa). Le 24 juin, elle s'incline toutefois en demi-finale contre le Brésil (2-5), la blessure de Jonquet à la demi-heure de jeu, brisant son élan. « Jouer à dix contre eux, le combat devenait trop inégal », expliquera Kopa, qui ajoutera : « Je suis objectif. Les meilleurs étaient Brésiliens. A chaque place, ils avaient quasiment les meilleurs joueurs du monde. » Cinq jours plus tard, la France remporte la petite finale contre l'Allemagne (6-3, un but, une passe décisive de Kopa). Une évidence : si l’attaque tricolore s’avère la plus performante de la compétition (26 buts) et si Just Fontaine décroche la couronne mondiale (13 buts), c’est en grande partie au génie créateur de Kopa qu’ils le doivent. Kopa est désigné meilleur joueur du tournoi, devant les Brésiliens Pelé et Garrincha. Ce qui fait dire à Santiago Bernabeu, en revenant à Madrid avec son joueur, avec une fierté non dissimulée : « Je ramène à la maison le meilleur attaquant de la Coupe du monde ! »
1er octobre
Pour leur premier match depuis la Coupe du monde, les héros de Suède se produisent au Parc des Princes face à la Grèce, qu’ils surclassent (7-1). C’est Kopa qui ouvre la voie en inscrivant le premier but de la rencontre. Le sélectionneur grec l’assure : « Il vaut à lui seul 75% de l’attaque française. »
Novembre
Il est lauréat du Prix Henri Deutsch de la Meurthe de l'Académie des sports, récompensant un fait sportif pouvant entraîner un « progrès matériel, scientifique ou moral » pour l’humanité.
Une marque de sodas portant son nom apparaît dans le commerce. Plus tard, d’autres articles, principalement de sport et des vêtements de loisirs, lui permettront de créer sa propre marque : le groupe Kopa. Il gèrera l’entreprise, faisant le tour des usines et des magasins.
16 décembre
Kopa est élu Ballon d'Or. Sa désignation au rang de joueur européen numéro 1 est obtenue par le vote massif des journalistes spécialisés composant le jury de France Football. Champion d’Espagne et champion d’Europe avec le Real Madrid, troisième de la Coupe du monde avec l’équipe de France, il devient le digne héritier de Di Stefano (1957) et de Matthews (1956) qui l’ont précédé au palmarès. C’est la première fois, dans l’histoire du football international, qu’un joueur français est considéré comme le meilleur en Europe, et peut-être dans le monde. Il devance l’Allemand Helmut Rahn, la plus forte personnalité de la sélection allemande depuis la retraite de Fritz Walter, et son compatriote Just Fontaine, auteur d’un exploit sans précédent pendant la Coupe du monde (13 buts).

1959
3 juin

A Stuttgart, Kopa s’adjuge une troisième Coupe d’Europe des clubs champions après la victoire du Real Madrid, en finale, face à ses anciens partenaires de Reims (2-0). Il s’agit de sa dernière apparition sous le maillot madrilène : malgré le nouveau bail qu’on lui propose, il choisit de revenir en France.
12 juillet
Il retourne à Reims après trois saisons passées au Real Madrid avec lequel il a remporté trois Coupes d'Europe des clubs champions et deux titres de champion d'Espagne. A son départ, Santiago Bernabeu, président du club, lui offre trois Coupes d’Europe en or miniaturisées. En trois ans, il n'a perdu qu'un seul match à domicile, contre l'Atlético Madrid et a marqué 48 buts en 158 rencontres. Son retour en France lui permet de s’occuper de ses affaires commerciales. 
22 août
Entouré de Vincent, Fontaine, Muller et Piantoni, Kopa effectue son grand retour au stade Auguste Delaune où Reims se joue de Valenciennes (2-1).

1960
28 février

A l’occasion de sa 36e sélection, il porte pour la première fois le brassard de capitaine lors du match Belgique-France (1-0) à Bruxelles. Il sera désigné capitaine des Tricolores cinq autres fois. S’il participe activement à la qualification pour le championnat d’Europe, il doit déclarer forfait pour la phase finale disputée en France à cause de douleurs persistantes aux chevilles.
19 mai
Il s’adjuge un troisième titre de champion de France avec le Stade de Reims qui termine en tête de la Division 1 avec sept points d’avance sur Nîmes.
Juillet
Reims et Kopa triomphent dans le challenge des champions, à Nantes, contre Monaco (6-2).
27 août
Il est opéré une première fois à la cheville droite.

1961
27 juin

Il subit une nouvelle intervention à la cheville.

1962
20 mai

Il remporte, avec Reims, son quatrième et dernier titre de champion de France, au goal-average, devant le Racing.
11 novembre
A Colombes, la France sombre face à la Hongrie (2-3). Aligné à un poste d'ailier droit qui lui est inhabituel, Kopa effectue sa 45e et dernière apparition sous le maillot bleu (18 buts). Il aura affronté 23 sélections différentes (dont sept fois la Belgique), totalisé 20 victoires, 7 nuls et 18 défaites, et joué avec 82 partenaires tricolores, dont 32 fois avec Robert Jonquet.
15 novembre
Critiqué après le match contre la Hongrie, Kopa, très en colère, tient à réagir aussitôt face aux attaques dont il est l’objet. En match retour de Coupe d’Europe, au Parc des Princes, il contribue à éliminer l’Austria Vienne (5-0) en marquant deux buts. 
Décembre
Il devient le premier joueur de football à bénéficier de sa statue de cire au Musée Grévin, à Paris.

1963
4 juillet

Dans France Dimanche, il signe une chronique intitulée : « Les footballeurs professionnels sont des esclaves », plaidoyer pour le contrat à temps. Il y déclare notamment : « Aujourd'hui, en plein XXe siècle, le footballeur professionnel est le seul homme à pouvoir être vendu et acheté sans qu'on lui demande son avis ». Le Groupement des clubs pros le suspend six mois avec sursis pour ses déclarations. Quelques mois plus tard, le Groupement et l'UNFP signent une convention collective, préfiguration du contrat à temps dont il aura été à l’origine.
23 octobre
En compagnie de Yachine, Eusebio, Law, Puskas ou Di Stefano, il est retenu dans la sélection du Reste du monde battue (2-1) par l'Angleterre à Wembley dans le cadre du centenaire de la FA.
25 octobre
Le sélectionneur Georges Verriest avait déclaré : « Raymond n’a plus l’esprit pour jouer en équipe de France. Nous devons l’éliminer. » Il le rappelle pourtant pour un match important contre la Bulgarie, programmé le 26 octobre. Kopa, qui sort d’un drame personnel avec la mort de son petit garçon des suites d’une leucémie, vient au rendez-vous à Rueil-Malmaison la veille du match, prend Henri Guérin comme témoin et donne une heure à Verriest pour qu’il « retire ses injures ». Une fois le temps écoulé, le sélectionneur restant inflexible, Kopa quitte les lieux. La FFF le suspend trois mois, quinze jours pour le refus de sa convocation avec l’équipe de France et deux mois et demi supplémentaires pour son comportement.

1964
17 mai

Classé avant-dernier en championnat, le Stade de Reims plonge en Division 2. Alors qu'il pourrait accepter des offres du Racing club de Paris et du Stade Français, Kopa décide de rester pour aider le club à remonter.

1966
15 mai

Après deux saisons en Division 2, Reims et Kopa retrouvent l’élite.

1967
10 juin

A Reims, face à Nîmes (1-1), Kopa dispute son dernier match en Division 1, le 346e sous les couleurs rémoises (402 avec les deux saisons passées en Division 2). Malheureusement, il ne parvient pas à sauver son club d’une nouvelle relégation.

1968
15 décembre

Alors qu'il se prépare à jouer en lever de rideau avec les anciennes gloires rémoises, il réapparaît au premier plan, à trente-sept ans, suite à la blessure d’un joueur à l’échauffement, à l'occasion d'un match du 6e tour de Coupe de France opposant le Racing à Reims au Parc des Princes (1-4). Quatre minutes après son entrée sur le terrain, il signe le deuxième but rémois. Il s’agit de son dernier match officiel. Alors qu'il s’apprêtait à fêter ses 42 ans, plus tard, il sera contacté par Just Fontaine, directeur sportif du Paris Saint-Germain, pour venir renforcer le club parisien alors en Division 2. Kopa déclinera l'offre, mais participera à un match amical de préparation avec Paris face à Saumur en août 1973, au cours duquel il marquera trois buts. Il poursuivra la pratique du football en vétéran en Maine-et-Loire jusqu'à 70 ans.

1969
4 janvier

Il s'investit dans les instances dirigeantes du football en devenant membre du Conseil fédéral de la Fédération française pendant six mois.

1970
30 novembre

Il est fait chevalier de la Légion d'honneur. A 39 ans, il est le premier footballeur français de l’histoire à être décoré de la Croix au ruban rouge. Elle lui est remise par Henri Germain, en présence d'Albert Batteux.

2000
23 février

Il donne le coup d’envoi du match amical France-Pologne (1-0) au Stade de France, s’autoproclamant avec humour « recordman » d’une spécialité qu’il ne dédaigne pas. Au cours de sa carrière, il a rencontré une seule fois la sélection nationale polonaise (défaite 1-3 au Parc des Princes en 1962). 

2004
10 février

Un jury de spécialistes réunis par France Football le classe à la troisième place des internationaux français de tous les temps, derrière Michel Platini et Zinédine Zidane.

2008
17 mars

Il est promu officier de la Légion d'honneur. Il déclare à cette occasion : « Le football a changé ma vie. Passer du travail à la mine à courir sur les stades, cela vous transforme un homme… »
4 décembre
Il devient président d'honneur du Stade de Reims.

2011
5 février

A Reims, il reçoit des mains de Michel Platini le « Prix du Président de l'UEFA », attribué à de grands joueurs ayant évolué sur le continent européen.

2017
3 mars

Raymond Kopaszewski meurt à la suite d'une longue maladie à l'âge de 85 ans, à Angers.
27 mars
Le conseil municipal d'Angers vote pour que le stade Jean-Bouin, où évolue le SCO, soit rebaptisé stade Raymond Kopa. La ville de Reims, quant à elle, déclare vouloir construire « une statue monumentale » à l'effigie de Raymond Kopa à proximité du stade Auguste-Delaune.

                                              PALMARES
                              Le premier Ballon d’Or français

Troisième de la Coupe du monde 1958 (France)
45 sélections (18 buts)
Vainqueur de la Coupe d’Europe des Clubs Champions en 1957, 1958 et 1959 (Real Madrid)
Finaliste de la Coupe d’Europe des Clubs Champions en 1956 (Stade de Reims)
Vainqueur de la Coupe Latine en 1953 (Stade de Reims) et 1957 (Real Madrid)
Finaliste de la Coupe Latine en 1955 (Stade de Reims)
Champion de France en 1953, 1955, 1960 et 1962 (Stade de Reims)
Vice-champion de France en 1956 et 1963 (Stade de Reims)
Champion d’Espagne en 1957 et 1958 (Real Madrid)
Finaliste de la Coupe d’Espagne en 1958 (Real Madrid)
Vice-champion d’Espagne en 1959 (Real Madrid)
Vainqueur du Challenge des Champions en 1955, 1960 et 1966 (Stade de Reims)
Champion de France de D2 en 1966 (Stade de Reims)

Distinctions personnelles
Ballon d’Or européen en 1958
Élu meilleur Joueur de la Coupe du monde 1958
Nommé dans l’équipe type du tournoi de la coupe du monde 1958
Nommé à la FIFA 100
A reçu le Prix du Président de l’UEFA en 2010
Chevalier de la Légion d’honneur en 1970 puis promu officier en 2008
Élu "Champion des Champions" par L’Équipe en 1955 et 1958
Élu parmi les "légendes" du foot par Golden Foot en 2006
Élu 3e joueur français du siècle par France Football en 2000