A l’occasion de la Convention du football professionnel, Première Ligue a réuni, mardi 28 juin, David Dein, ambassadeur de la Premier League, Gérard Houllier, ancien entraîneur de Liverpool et d’Aston Villa, et Mathieu Moreuil, responsable des actions européennes de la Premier League. Ils ont évoqué les principales clés de l’évolution du Championnat d’Angleterre depuis 1992.

Voici quelques extraits de leurs interventions.

David Dein : « Personne n’a l’exclusivité du progrès »
« Dans les années 80, il y avait des bagarres sur les terrains et en dehors en Angleterre, les femmes et les enfants ne venaient pas aux stades, qui étaient d’ailleurs en mauvais état. Nous avons décidé de créer la Premier League, pour réunir uniquement les 20 clubs de l’élite et non plus les 92 clubs professionnels anglais, afin de faciliter la prise de décision. Nous avons décidé d’offrir un spectacle attrayant, qui intéresse les diffuseurs TV et c’est notamment la télévision et les ressources qu’elle génère qui ont tiré le football anglais vers le haut »
« En 1992, l’affluence moyenne, en Angleterre, était à peine supérieure à 20 000 spectateurs. En 2015-16, elle a été de 36 481 spectateurs, avec 96 % de taux de remplissage. De nombreux clubs vont agrandir leur stade. Nous espérons donc dépasser ce chiffre la saison prochaine. »
« Parmi la population qui se rend dans nos stades, 25 % des spectateurs sont des femmes et 12 % des abonnés ont moins de 16 ans. »
« Dès 1992, nous mis en œuvre un système de répartition des revenus TV démocratique. Le club qui finit dernier reçoit 65 % des sommes perçues par le premier. Que tout le monde puisse battre tout le monde est un élément clé de la Premier League. »
« Le championnat anglais a enregistré 1,2 milliard de téléspectateurs cumulés en 2014-15, dont 454 millions en Europe et 346 millions en Asie et en Océanie. C’est de loin le championnat le plus regardé à l’étranger. »
« Personne n’a l’exclusivité du progrès. Mais les conseils que je peux donner aux clubs français sont les suivants : les clubs professionnels doivent avoir une vision, savoir ce qu’ils veulent, avoir une bonne gouvernance, réfléchir sur la façon d’augmenter leurs ressources et faire preuve de courage. »

Gérard Houllier : « La notion de spectacle est essentielle »
« Un exemple pour prouver la capacité des Anglais à agir vite : quand je suis arrivé à Liverpool en 1998, les terrains – particulièrement ceux d’entraînement – étaient catastrophiques. Aujourd’hui, ils font référence. Dès que les Anglais ont compris qu’une chose est importante, ils s’y mettent à fond. »
« Il faut que le football soit spectaculaire, que le spectateur ne s’ennuie pas. Cette notion de spectacle qui est essentielle et qui est très présente en Angleterre, passe par un discours tenu aux entraîneurs en début de saison. Réunissons les 20 entraîneurs de Ligue 1 avec quatre ou cinq présidents. C’est ce qu’Arrigo Sacchi avait fait en Italie, à la demande de Silvio Berlusconi. »

Mathieu Moreuil : « Rendre le football plus attractif possible »
« Dans les années 1980, le football anglais avait bien plus de soucis que le foot français n’en a en ce moment. La structuration de la Premier League est différente de celle de la Ligue française : les clubs sont des actionnaires, mais le travail au jour le jour est fait par la Ligue, qui est autonome pour mettre en place les grandes idées édictées par les clubs. Pour toute décision importante, il faut une décision avec une majorité de 14 clubs sur 20, donc tout le monde doit travailler dans l’intérêt commun. »
« Richard Scudamore, président exécutif de la Premier League, dit souvent “ Tout commence et finit par le terrain ”. C’est un point essentiel : le football est un spectacle et il faut le rendre le plus attractif possible. »
« Le taux de remplissage de 96 % a aussi une origine : moins de la moitié des matches sont diffusés en Angleterre pour favoriser l’affluence au stade, et une limitation des tarifs pour les fans à l’extérieur a été adoptée. »

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