Billet économique

La place de la D1 Arkema dans le paysage européen

La D1 Arkema, première division du championnat de football féminin français, a été créée en 1974, six ans après le championnat féminin italien. Les D1 allemandes et anglaises n’ont vu le jour respectivement que 16 et 17 ans plus tard, en 1990 et 1991.

Le format des compétitions des principaux championnats féminins européens (Angleterre, Allemagne, Espagne, Italie et France) a évolué au fil du temps ; les championnats de D1 française, italienne, anglaise et allemande comportent 12 équipes, les deux premières se qualifiant pour la Ligue des Champions, et les deux dernières étant reléguées en D2, excepté pour la D1 anglaise qui ne voit qu’une équipe descendre en D2.

Tableau comparatif entre la D1 française et anglaise

D1 Arkema (France)FA Women’s Super League (Angleterre)
Nombre d’équipes1212
Nombre d’équipes reléguées21
Nombre d’équipes professionnelles (20/21)912
Championnat professionnelNonOui
Record d’affluence en championnat30 661 (Lyon – PSG, le 16/11/201938 262 (Tottenham – Arsenal, le 17/11/2019)
Salary CapNonOui (40 % du budget de chaque club)

Le championnat féminin espagnol comptait quant à lui 16 équipes (dont 10 professionnelles) lors de la saison 2019/2020, les deux meilleures équipes accédant à la Ligue des champions et les deux dernières étant reléguées en D2. Toutefois, aucune relégation n’a été enregistrée pour cause de Covid. Ainsi, cette saison, 18 équipes composent la D1 espagnole.

Par ailleurs, un nouveau format de l’UEFA Women’s Champions League verra le jour lors de la saison 2021/22. La principale nouveauté est la création d’une phase de groupes à 16 équipes. Le nombre de matchs va ainsi augmenter de près de 20%. Les huitièmes de finales actuels seront donc remplacés par une phase de groupes (4 groupes de 4 équipes). Les deux premiers de chaque groupe se qualifieront pour les quarts de finales. Avant la phase de poules, il y aura toujours deux tours à passer pour la majorité des équipes. Le Tour 1 se jouera sous la forme de mini-tournois à élimination directe avec une demi-finale et une finale, tandis que le Tour 2 se disputera lors d’une confrontation aller-retour.

Chiffres clés du football féminin en France : à partir de 2019, un budget de 16,3 M€ (13,3 M€ alimentés par la FFF et 3 M€ par la FIFA) a été dédié au football féminin (amateur et professionnel) sur une période de 18 mois (développement du football féminin, des infrastructures et de la formation notamment). On compte en 2019 près de 145 000 pratiquantes en France (avec un objectif de 200 000 licenciées en 2020) et plus de 3 000 clubs possèdent une équipe féminine (+ 70% depuis 2011). Le football féminin est donc en plein développement, sa pratique se développe, les moyens financiers augmentent et les résultats sportifs sont très satisfaisants.

Mais la D1 Arkema a des contrats audiovisuels et de naming qui se situent encore loin de ses principaux concurrents. En effet, son contrat de droits TV avec Canal + s’élève à 1,2 M€ par saison pour la période 2018-2023 quand il est de 3 M€ par saison en Espagne avec Mediapro.

Il en est de même pour le contrat de Naming (1 M€/an de 2019 à 2022 pour la D1 française avec Arkema). Flyeralarm est le nouveau Namer de la D1 allemande pour 1,2 M€ par an, Iberdrola est la Namer de la saison 19/20 en Espagne pour 1,7 M€ et enfin la D1 anglaise et Barclays ont un contrat XXL d’un montant de 3,6 M€ par saison de 2019 à 2022.

Néanmoins, la France se classe toujours largement en tête au classement UEFA des associations féminines devant l’Allemagne. L’Olympique Lyonnais contribue largement à cette place avec une 5ème victoire consécutive en Ligue des champions. Le PSG fait, lui aussi, plus que bonne figure dans cette compétition avec plusieurs demi-finales et une finale perdue lors de la saison 16/17 contre l’OL.

Focus sur le championnat féminin américain : la NWSL

La D1 féminine américaine est une ligue fermée composée de 9 franchises. Deux autres l’intégreront d’ici la saison 2022/23. L’Olympique Lyonnais est devenu, lors de la saison 19/20, propriétaire de la franchise du Reign FC (désormais OL Reign), pensionnaire de la NWSL, pour un montant supérieur à 3 millions d’euros. Lors de la saison régulière, toutes les équipes s’affrontent à trois reprises (24 matchs), l’équipe qui termine à la première place remporte le bouclier NWSL. Ensuite, les quatre premières équipes de la saison régulière s’affrontent lors de play-off avec une seule rencontre pour les demi-finales (1er contre 4e et 2e contre 3e) et une seule également en finale.

Cette année, le championnat n’a pas pu se dérouler comme prévu. La NWSL Challenge Cup a vu le jour se substituant au format habituel du championnat. Elle s’est déroulée du 27 juin au 26 juillet 2020 avec une phase de groupe où chaque équipe a disputé quatre matchs puis les phases finales ont pris place avec les quarts de finale, les demi-finales et la finale.

Depuis la saison 2019, les équipes peuvent disposer de 20 joueuses sous contrat au lieu de 18 les saisons précédentes. En 2020, la masse salariale maximum autorisée pour chaque club atteint 650 000 dollars (557 000 euros) soit une hausse de 19,3 % par rapport à 2019 (déjà en augmentation de 20 % entre 2019 et 2018). Les joueuses pourront toucher un salaire oscillant entre 1 492 et 3 731 € par mois.

Depuis 2020, les franchises peuvent réclamer jusqu’à 300 000 dollars d’allocations de fonds à la Ligue et, autre nouveauté, il sera désormais possible pour une franchise d’acheter une joueuse. Ces frais de transfert devront être payés avec l’allocation perçue et ne seront pas comptabilisés dans le plafond salarial d’une équipe.

Ainsi, deux modèles s’opposent, la ligue fermée américaine sans relégation et les ligues ouvertes avec deux équipes reléguées par saison dans la majorité des championnats européens. La ligue anglaise est la seule exception en Europe avec un championnat devenu professionnel et semi-fermé (une seule relégation), ce championnat dispose de moyens financiers de plus en plus importants et un écart semble se creuser avec les championnats européens, notamment avec la D1 Arkema. Ces différences ne se ressentent pas (encore) sur les résultats sportifs européens, espérons que ce soit longtemps le cas !

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